Mes respects!

Sous couvert d’ “émancipation”, de “modernité” et de “chance”, une forte pression s’exerce sur les femmes (et les quelques hommes) désireuses de rester auprès de leur(s) enfant(s) plutôt que de travailler hors du foyer et/ou qui ne sont pas dupes de l’exploitation (bas salaires, travail précaire, etc.) dont elles feraient l’objet car toutes ne deviennent pas ingénieures, avocates ou doctoresses… Pour celles ayant un mari au salaire suffisamment élevé, qu’y a-t-il de mal à préférer rester auprès de ses enfants plutôt que de travailler?

Et surtout, pour celles ne pouvant exercer un métier bien payé et avec un (des) enfant(s) non scolarisé(s), à quoi bon travailler si le prix de la crèche ou le salaire de la nounou s’avère plus élevé que leur salaire ? Et l’augmentation des impôts du couple qui va suivre… Il y a là une belle hypocrisie dans l’air !

Pour la majorité des femmes, le formidable “droit au travail” acquis récemment n’est ni une liberté ni un plaisir mais une obligation pour faire (sur)vivre la famille dans une société en perdition où le salaire des maris ne suffit souvent plus! Dès que les enfants ont l’âge d’aller à l’école, maman va s’épanouir à la caisse chez Lidl ou nettoyer des bureaux le soir… Elle se passerait bien de cette “chance” !

Notre société marchande, si emprunte de bonnes intentions, a stigmatisé deux types de personnes qui ne “marchent pas droit”: l’homme viril (Gabin, Ventura) devenu “abruti-macho-arriéré” et la femme au foyer. Tout comme le soit-disant “macho” (parce que homme non féminisé, voir l’article “Quel féminisme?”), la mère au foyer, aussi épanouie et respectable (et avisée !) puisse-t-elle être, est elle aussi ringardisée (mais pour une autre raison): elle devrait saisir cette chance immense de pouvoir travailler pour consommer plus! Consommer: la seule Religion et le seul Bonheur possible!

Les couples en chasse désespérée d’une place dans une crèche à peine la grossesse détectée me font de la peine. On parle déjà de refourguer l’enfant à d’autres avant même qu’il ne soit né… C’est comme si nos enfants “si désirés” nous encombraient dès leur conception, avant que la loi elle-même ne les reconnaisse… Et, pour ceux qui pourraient se le permettre, un enfant ne vaut-il pas le sacrifice d’une “carrière” (autant celle de Monsieur que de Madame) ?

Pourquoi tant de couples de la classe moyenne se soumettent-ils corps et âme au diktat consumériste ? Pourquoi vouloir absolument deux voitures et un 5 pièces de 140m2 à Pully plutôt qu’un 3,5 pièces à Bussigny et une voiture d’occase ? Des vacances d’été, d’hiver, de Pâques à l’autre bout du monde, un écran plasma de 127cm, 18 paires de chaussures et changer d’iPhone et de tablette deux fois par an ? Tout ça, je le répète, sur le dos de Madame qui va faire des doubles journées… Bonjour l’émancipation !

Pire encore, les femmes si “épanouies”, plutôt que de n’avoir qu’un “oppresseur” à la maison (leur mari) en ont aujourd’hui gagné un deuxième: leur patron. Doublement “boniches” et doubles journées de travail (les maris ne sont pas les plus doués ni les plus pressés pour les courses, la lessive, l’aspirateur et les devoirs des enfants).

C’est peut-être la raison pour laquelle les féministes les plus déterminées et les plus médiatisées – celles poussant leurs soeurs à goûter au “bonheur” du salariat – sont le plus souvent célibataires et sans enfants (Clémentine Autain, Isabelle Alonso), assez souvent lesbiennes (Caroline Fourest) et ont un train de vie aisé. Elles sont aussi parfois des bourgeoises aux maris fortunés… Ces femmes ont le temps, elles, de pouvoir parler de leurs revendications… Mais en quoi représentent-elles les femmes dans leur ensemble alors que la majorité de celles-ci sont mères, mariées, hétérosexuelles, de la classe moyenne ou prolétaire et peinent à boucler les fins de mois ?!

Toutes les femmes ont bien évidemment le droit de choisir de se marier ou non, d’avoir des enfants ou non et de vivre la sexualité qui est la leur. Mais en quoi Caroline Fourest est-elle légitime pour parler de la condition féminine ?

Et les femmes doivent-elles lui être reconnaissantes de soutenir pareillement les Femen (groupe composé à majorité de prostituées ukrainiennes entretenues par des “dons” dont ceux du fortuné DJ Hell) qui vont se foutre à poil un peu partout dans le monde en prétendant faire avancer des causes (lutte contre le racisme, la corruption, la prostitution (?), la pornographie (??), le sexisme (???), pour le respect du corps et des droits des femmes (????), etc…) et attaquer, salir les Eglises catholique et orthodoxe. Elles ne manifestent jamais devant les synagogues (les médias ne les relayeraient pas) ou les mosquées (elles se feraient assassiner)…

On devrait plutôt donner la parole à une de mes voisines qui a deux enfants de moins de 10 ans, est obligée de travailler à 80% avec un mari qui bosse à 100% et qui a (le mari) deux entraînements de foot par semaine plus le match du week-end. Elle s’occupe de tout. Et avec le sourire.
Ou aux autres mères connaissant leur chance de ne pas avoir à travailler (je veux dire à prendre un deuxième emploi, mère au foyer étant déjà un travail!) et affrontant la tête haute des remarques désagréables les exortant à s'”émanciper”… Mes respects, Mesdames !

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