Enfants et adolescents

Martial Vout - cours enfants   Martial Vout - cours adolescents

Article paru dans le Daily Post de Ludhiana, Inde:
DailyPost-25-sept-2013

A titre préventif ou pour faire face à une situation problématique
Dans les cours avec les jeunes, je suis une sorte de grand frère leur apprenant comment se comporter, comment utiliser leur voix pour s’affirmer et dissuader ou leurs jambes et leurs bras pour frapper si la situation l’exige, si la fuite est impossible. Je permets à mes jeunes recrues de prendre toute la mesure de leur formidable potentiel mental et physique. Je leur apprends à avoir confiance en eux, à ne pas avoir peur, à ruser, à répondre verbalement ou frapper pour que le mal de vivre et l’agressivité de celui ou ceux qui les importunent… se reportent sur une autre victime.

Avec de l’humour et des rires!
Le but n’est évidemment pas de rendre les jeunes trop agressifs ou violents mais de leur (re)donner la confiance et les “trucs” pour faire face à une situation inacceptable. Trois séances d’une heure sont généralement suffisantes mais le nombre de cours peut être augmenté pour les jeunes les plus timides ou les moins confiants en eux. Ou pour ceux qui sont victimes d’agressions plus violentes ou perpétrées par un (des) auteur(s) plus âgés.

Résultats
La méthode d’autodéfense donnée aux mineurs est plus ludique et sportive. Les réactions et les mouvements enseignés, très simples, ne demandent pas d’entraînement régulier.
A titre préventif ou pour parce que votre enfant est la cible d’un “camarade”, il découvrira une détermination, une confiance, un bagout et des gestes (réactions, frappes) qui sont déjà en lui. Il gardera ce bagage avec lui toute sa vie durant.

Quand la confiance revient, quand un enfant ou un adolescent voit qu’il peut s’affirmer, se défendre et changer une situation, c’est son moral, celui de ses parents et même ses notes qui reprennent l’ascenseur. Il n’y a pas de fatalité!

Inacceptable
Les parents responsables éduquent leurs enfants et leur apprennent à respecter les autres personnes, à être obéissants et polis, à ne pas être turbulents, à suivre des règles, etc. Fort bien. Mais que se passe-t-il lorsque votre enfant se retrouve face à d’autres jeunes (ou moins jeunes) ne respectant pas les mêmes principes?

Nos enfants “sages” ne sont tout simplement pas préparés à affronter de la violence verbale et/ou physique. A l’école, sur le chemin de l’école, lors de sorties… la société n’est pas tendre, le monde est de plus en plus violent et les jeunes ne sont évidemment pas épargnés.

– insultes
– humiliations
– mise à l’écart
– menaces
– harcèlement
– vol
– détérioration de matériel
– racket
– bousculades
– cybermobbing (harcèlement sur facebook, twitter, par sms, etc.)
– agressions
– agressions sexuelles
– pédophilie

Ces différentes formes de violence que certains enfants subissent à l’école ou au dehors peuvent avoir de graves répercussions:

– peur de sortir
– baisse des notes (décrochage scolaire)
– absentéisme
– honte, dépréciation de soi
– auto-agressivité
– tristesse, repli sur soi
– dépression
– suicide

DSC02337   Martial Vout - cours enfantsDSC01743   Martial Vout - cours adolescents

Quelles valeurs?
Comment en est-ont arrivé là? Comment notre société a-t-elle pu perdre pareillement pied pour que des jeunes garçons et de jeunes filles subissent ou risquent de subir ces violences?

Il n’y a pas si longtemps les parents, les adultes, l’Etat, le drapeau, le professeur, le policier, l’Eglise, etc. représentaient l’autorité et montraient l’exemple, le comportement à suivre. Maintenant que toutes ces valeurs ont été dénigrées et ringardisées (par les adultes eux-mêmes, par les médias et une oligarchie mondiale qui y trouve intérêt), les jeunes fixent leurs codes en suivant une sorte de culture de la rue véhiculée par le matérialisme à outrance, l’égoïsme, les films et les jeux vidéos violents, la musique rap et gangsta, les clips aux images et aux textes agressifs et sexistes, la pornographie, des programmes TV (MTV en tête) débilitants, etc. Une culture de l’agressivité et du chacun pour soi. Tout ceci malgré les paroles rassurantes de certaines bonnes âmes post soixante-huitardes qui nous répètent à l’envi que “C’est quand même pas le Bronx!”
Ce n’est pas le Bronx en effet mais on va droit dedans.

Il est inacceptable que des risques planent. Il est inacceptable que certains enfants soient tristes ou déprimés en allant à l’école. Il est inacceptable que certains parents se fassent du sang d’encre lorsque leurs enfants sont hors de la maison. Il est inacceptable que tant de jeunes filles subissent des attouchements sexuels. Il est inacceptable que je rencontre des parents non soutenus et déçus par les réponses et l’inaction des autorités scolaires ou de la police.

Martial Vout - cours enfants  DSC01010

Dylan
Monique ne comprend pas ce qui arrive à son fils Dylan, 11 ans. Lui qui était si actif et enjoué s’enferme de plus en plus dans une forme de mutisme. Elle a beau lui demander ce qui ne va pas, pourquoi il fait la tête et parait triste, Dylan se borne à lui répondre « J’ai rien, ça va ! ». Roger ne parvient pas à plus de résultat avec son fils qui n’a même plus envie de jouer au football avec lui. Monique est d’autant plus inquiète que les résultats scolaires de Dylan sont à la baisse, ainsi que son appétit.

Jusqu’au jour où Dylan rentre à la maison avec un vilain bleu sur la joue et la sangle de son sac d’école déchirée. Angoissée, Monique lui demande ce qui s’est passé mais Dylan lui crie dessus et va en pleurant s’enfermer dans sa chambre. Elle insiste longuement devant la porte jusqu’à ce que le petit lui ouvre et lui raconte enfin ce qui ne va pas.

C’est Ramon, un élève de sa classe, qui l’a jeté au sol en le tirant par son sac à dos puis qui lui a mis un coup de poing au visage. Ca fait plusieurs semaines que Ramon malmène Dylan en lui mettant des coups de coude, en le bousculant ainsi qu’en le traitant de « crevette » et de «PD ». La raison ? Il y a deux mois, Dylan a reçu un petit mot doux d’Amina, l’une des plus jolies filles de la classe. Et Ramon en pince pour Amina. Faut dire que Ramon n’appréciait déjà pas beaucoup Dylan qui a de bien meilleures notes que lui et qui, surtout, est très doué au football. Ramon porte presque tous les jours le maillot de Messi, son joueur préféré. Mais Ramon n’est pas sportif, il a des kilos en trop. Il a déjà redoublé une classe et est à nouveau limite cette année. Dylan, lui, est fin, sportif, les filles le trouvent « trop mignon » et il passera aisément en classe supérieure.

Dylan n’est ni faible ni lâche. Il a essayé de répondre au début et même de rendre les coups mais Ramon a plusieurs longueurs d’avance ! Il a 12 et demi, il est bien plus grand et corpulent mais surtout, il a la « chance » d’avoir un grand frère qui lui a appris à se battre en lui tapant dessus. Pour couronner le tout, Ramon a aussi la « chance » d’être plus encore habitué à l’agressivité et à la violence grâce à son père qui hurle régulièrement sur sa femme et la frappe à l’occasion.

Le quotidien de Dylan, avec une petite sœur de 6 ans et un Roger respectueux de son épouse est plus feutré. Ce qui le prépare d’autant moins à faire face à l’agressivité et au mal-être de Ramon qui en a fait son bouc émissaire. 

Léa
Vincenza s’en veut terriblement. En annonçant la disparition de Léa, 13 ans, à l’agent Duperret, elle se rend compte qu’elle n’avait plus réellement communiqué avec sa fille depuis pas mal de temps. Il faut dire qu’elle cumule deux emplois: après avoir passé la journée à sourire aux clients qui défilent devant sa caisse du supermarché, elle a juste le temps de sauter dans le bus pour aller nettoyer les bureaux d’une multinationale. Quatre jours par semaine, elle rentre à 23h, épuisée. Elle retrouve Léa affalée devant la télévision de sa chambre ou devant son écran d’ordinateur sur facebook. Mais hier soir, Léa n’était pas à la maison.

Léa a fugué. Elle est montée dans un train sans même regarder où il allait et s’est retrouvée à Brig. Elle est si désespérée qu’elle ne se souvient pas du visage du contrôleur qui lui a mis une amende. Elle lui a répondu « Lausanne » puis elle est allée s’enfermer dans les toilettes. Le contrôleur a bien vu que Léa n’allait pas bien mais il a décidé de ne pas s’en occuper: il est tout juste de retour de congé-maladie après avoir été passé à tabac à Payerne par une bande de jeunes dont deux filles qui s’en donnaient à cœur joie. Alors les yeux mouillés de Léa ne pèsent pas lourd comparé à sa boule à l’estomac avant de prendre son service.

Malgré le fait qu’elle n’ait pas vu son père depuis l’âge de quatre ans et que sa mère ne soit jamais à la maison, Léa était plutôt heureuse. Mis à part les mensonges, l’année dernière, de son ex petit copain Joaquim qui avait dit à ses potes qu’il lui avait « mis trois doigts dans la chatte ». Dans la classe certains l’avaient cru mais les remarques obscènes et les regards insidieux n’avaient heureusement pas duré.

Jusqu’au jour où, trois semaines auparavant, une vidéo pornographique de gang bang s’est mise à circuler de smartphone en smartphone dans la classe puis rapidement auprès des autres élèves du collège. On y voit une « actrice » qui ressemble vaguement à Léa et qui a, comme elle, une forte poitrine. Les collégiens savent bien que ce n’est pas elle mais nombre de garçons et même de filles s’amusent à la traiter de « pute », de « grosse salope » ou de « suceuse de bites » d’autant plus que les anciennes insinuations de Joaquim ont refait surface.

Déjà timide de nature, Léa n’est pas parvenue à se défendre verbalement et encore moins physiquement lorsque trois garçons l’ont saisie à la taille et pelotée sur le chemin de la gare. Une autre agression a même eu lieu dans un supermarché où un autre garçon du collège lui a touché les fesses par surprise et lui a dit qu’il « tournerait volontiers un film avec elle si elle se laissait enculer ».

Les profs ne savent et ne voient rien. Léa a courbé des cours et ne sait pas à qui parler. Elle a même des envies suicidaires depuis que le harcèlement à continué sur facebook. Un élève a fait un montage avec une photo d’elle où elle « copule » avec un poney. Sous la photo, pas un seul commentaire pour prendre sa défense. Seulement des insultes genre « Léa aime lécher » ou « le poney et la grosse vache ». D’autres élèves ont posté d’autres vidéos de la même actrice.

Léa est désespérée dans les rues de Brig. Sa forte poitrine qui attire des regards lubriques, sa ressemblance avec l’ actrice… elle se sent seule, salie, moche et se dit que le problème vient d’elle.

Advertisements